La coalition Lamuka, par la voix de son porte-parole Prince Epenge, a réagi aux déclarations du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, sur la question du dialogue national. Pour Lamuka, le message est clair et sans ambiguïté : le dialogue n’est plus une option politique, mais une nécessité vitale pour la République démocratique du Congo.
Selon Prince Epenge, il suffit de tendre un micro aux Congolais de Kinshasa, de l’intérieur du pays ou de la diaspora pour entendre la même exigence : le dialogue est incontournable. Le présenter comme un choix facultatif ou le conditionner à des processus diplomatiques en cours à Washington ou au Qatar revient, estime-t-il, à méconnaître la profondeur de la crise que traverse le pays.
Pour Lamuka et l’ADD Congo, le dialogue national constitue aujourd’hui la véritable assurance-vie de la RDC. Là où certains États fondent leur survie sur la puissance militaire ou la dissuasion nucléaire, le Congo ne peut compter que sur la cohésion nationale, l’unité du peuple et sa capacité de résilience. C’est pourquoi la coalition martèle que le dialogue ne doit être soumis à aucune condition préalable : tous les enfants du pays doivent s’asseoir autour de la même table, malgré leurs divergences politiques ou idéologiques.
Lamuka insiste sur le fait que refuser ou retarder le dialogue, c’est refuser de voir la réalité en face. Le pays est confronté à trois graves crises majeures :
une crise de légitimité,
une crise sociale profonde,
et une crise sécuritaire aiguë, liée notamment à l’agression et à l’instabilité persistante dans plusieurs provinces.
Sans reconnaissance claire de ces crises, avertit Prince Epenge, aucun diagnostic sérieux ne peut être posé, et sans diagnostic juste, aucune solution durable ne peut être apportée. Le dialogue apparaît donc comme l’unique cadre capable de restaurer la confiance du peuple, de renforcer l’armée et de fédérer les forces nationales autour d’une vision commune.
La coalition rappelle avoir milité pendant plusieurs années pour l’organisation de ce dialogue et affirme croire encore au rôle que chaque Congolais peut jouer dans le retour de la paix. Mais cela exige du courage politique : celui d’identifier les causes profondes des crises et de les affronter avec honnêteté, au lieu de les contourner.
Face aux drames vécus notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans d’autres régions du pays, Lamuka appelle la majorité, l’opposition et la société civile à assumer pleinement leurs responsabilités. Le temps des calculs et des tergiversations est révolu.
En conclusion, Prince Epenge espère que les propos du porte-parole du gouvernement traduisent une véritable prise de conscience et non une simple diversion. Car, prévient-il, le peuple congolais attend ce dialogue avec insistance. Il n’y aura ni excuses ni prétextes : pendant que les acteurs politiques hésitent, le peuple, lui, continue de payer chaque jour le prix de la crise.
