La mairie de Lubumbashi a renforcé ce mercredi 7 janvier 2026, les restrictions de circulation des motos et tricycles dans plusieurs artères stratégiques du centre-ville. Mais au-delà du périmètre concerné, c’est surtout l’annonce d’une non-restitution systématique des motos saisies en cas de violation qui soulève de vives interrogations.

Selon la décision rendue publique, les zones désormais interdites aux motos et tricycles sont délimitées comme suit :

  • au nord, l’avenue Kambove ;
  • au sud, les avenues Likasi et Sendwe ;
  • à l’est, le secteur de l’arrêt Grand Bus Tunnel (axe Sakania–Mokambo) jusqu’à la chaussée Félix-Antoine Tshisekedi ;
  • à l’ouest, l’axe Kamanyola–chaussée LDK, avec extension vers l’avenue Adoula–Moero, à proximité du Terminal Ratco et du jardin zoologique.

Toute moto surprise dans ce périmètre s’expose à une sanction annoncée comme définitive, « sans recours ». Cette disposition interpelle sur sa base légale, la confiscation permanente d’un bien privé relevant en principe d’un cadre juridique strict, souvent subordonné à une décision judiciaire. Or, le communiqué ne précise pas le texte de loi autorisant explicitement une telle mesure.

La question de la proportionnalité se pose également. Pour de nombreux conducteurs, la moto constitue un principal moyen de subsistance. La perdre définitivement pour une infraction de circulation dépasse le simple cadre disciplinaire et a des répercussions sociales et économiques importantes.

Si la volonté de désengorger le centre-ville et de renforcer la sécurité routière est compréhensible, la clarification du fondement juridique et des garanties offertes aux usagers apparaît indispensable. À défaut, la mesure risque d’être perçue comme arbitraire, fragilisant la relation entre l’autorité urbaine et les citoyens concernés.

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