À Goma, les maisons de paris sportifs attirent chaque jour une foule impressionnante, principalement composée de jeunes. Devant ces établissements, des attroupements se forment en permanence, révélant l’ampleur d’un phénomène social en pleine expansion. Dans un contexte d’instabilité économique persistante, le pari sportif s’impose pour beaucoup comme une échappatoire face à l’insécurité financière.
Cette progression s’explique notamment par la dégradation des conditions socioéconomiques. Le chômage élevé, la fermeture de certaines institutions bancaires et la baisse du pouvoir d’achat plongent de nombreux ménages dans une précarité accrue. Privés de réelles opportunités professionnelles, plusieurs jeunes — étudiants comme chômeurs — se tournent vers les paris sportifs, espérant y trouver des revenus rapides.
Même des travailleurs s’y engagent pour compléter des salaires insuffisants et subvenir aux besoins quotidiens. Toutefois, cet engouement massif relève moins d’une stratégie économique durable que d’une quête de survie dans un environnement où les perspectives d’avenir demeurent limitées pour une grande partie de la jeunesse.
Derrière cette pratique se profilent des conséquences alarmantes. Les paris sportifs entraînent souvent une dépendance accompagnée d’effets psychologiques lourds : stress, anxiété, endettement, isolement social. À Goma, ce phénomène apparaît ainsi comme le symptôme d’une crise plus profonde, appelant à des solutions structurelles en faveur de l’emploi et d’un meilleur encadrement des jeunes.
