Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, à l’unanimité, le 19 décembre dernier, la résolution 2808. Celle-ci renouvelle pour une année — jusqu’en décembre 2026 — le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
Dans ce nouveau mandat, la MONUSCO, en plus de sa mission traditionnelle de protection des civils dans les zones en conflit où elle sera déployée, devra soutenir activement les processus de paix, notamment la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent conformément à la résolution 2773.
La MONUSCO à l’Est : que retenir du mandat écoulé ?
Présente à l’Est de la RDC depuis plus de vingt ans, la MONUSCO a multiplié les actions d’accompagnement au profit des institutions étatiques, de renforcement des capacités des acteurs et leaders communautaires, ainsi que divers appuis en infrastructures. Elle a également maintenu sa présence dans plusieurs zones sous menaces sécuritaires.
Au Nord-Kivu et en Ituri, la mission onusienne mène régulièrement des patrouilles nocturnes et diurnes aux côtés des services de sécurité pour contribuer au maintien de la sécurité et à la protection de la population civile.
Un mandat jugé insatisfaisant par les populations de l’Est
Depuis sa mise en place, la MONUSCO a été perçue comme une force essentiellement observatrice face aux guerres et aux violences qui ravagent l’Est de la RDC, région marquée par l’activisme de groupes armés locaux et une agression étrangère persistante. Pour de nombreux habitants, la mission onusienne n’a jamais pleinement répondu aux attentes.
« Être observateur quand il y a la guerre dans un pays partenaire, ce n’est plus une protection. La vraie protection, c’est aider à mettre fin à la guerre par tous les moyens », a déclaré un citoyen de Beni, au Nord-Kivu.
D’une mission observatrice à une mission offensive
La région du Kivu, particulièrement sa partie nord, demeure l’un des foyers les plus fragiles sur le plan sécuritaire. Ce nouveau mandat apparaît pour la population comme une lueur d’espoir. Toutefois, pour regagner la confiance, la MONUSCO devra abandonner sa posture passive au profit d’une approche véritablement offensive, afin d’imposer une paix durable.
« On s’y attendait déjà, au regard du contexte actuel. La veille même, lors de l’assemblée générale, la société civile avait catégoriquement rejeté un mandat passif ou d’observation et exigé un mandat offensif et robuste », a déclaré Jules Ngeleza, acteur de la société civile du Nord-Kivu.
Il plaide pour que la mission soit dotée de moyens clairs et de la volonté nécessaire pour remplir efficacement sa mission, en veillant à l’application stricte de la résolution 2773. Pour lui, la stabilisation de l’Est ne doit plus se limiter aux rapports, mais devenir une réalité vécue par une population meurtrie.
Effectifs autorisés
Pour la durée de ce mandat, qui s’étend jusqu’en 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la MONUSCO à disposer d’un effectif maximum de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées.

