Dans une sortie médiatique retentissante, l’archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba, a tenu des propos explosifs concernant la gestion des ressources naturelles de la RDC et les accords internationaux signés à Washington récemment par le pouvoir. Selon lui, le président Félix Tshisekedi aurait engagé le pays dans des contrats miniers secrets pouvant s’étendre jusqu’à 99 ans, en échange d’un soutien politique et diplomatique à l’international.
« On a signé un accord de 99 ans » : la révélation qui secoue l’opinion
Sans langue de bois, Mgr Muteba affirme : « Êtes-vous au courant qu’on a signé un accord de 99 ans d’exploitation ? »
Pour lui, il ne s’agit plus d’hypothèses mais d’une réalité : des engagements auraient été pris à Washington et ailleurs, mettant en jeu les minerais stratégiques du pays.
Dans la foulée, l’évêque de Lubumbashi dénonce une logique qui selon lui, le pouvoir en place, désireux de garantir sa survie politique, accepterait des conditions léonines au détriment de la souveraineté nationale.
« Il est inimaginable de gager ou de brader les minerais de toute une nation pour sauver un régime ou un système politique. Cela revient à sacrifier le développement de la population et confisquer le bonheur des générations à venir. »
Des accords décrits comme des “fausses amitiés” et des coopérations de prédation
Mgr Muteba ne s’arrête pas à la durée des contrats. Il remet en cause la nature même des partenariats conclus par le gouvernement congolais.
« Tous ces accords dont vous entendez parler sont en réalité des accords de fausses amitiés, de coopération déséquilibrée, de coopération de convoitise immodérée de nos ressources naturelles. » D’après lui, les pays partenaires n’auraient aucun intérêt réel pour la paix et le développement de la RDC, mais seulement pour ses richesses minérales, notamment le cobalt et le lithium.
L’accord de Doha : “J’ai vu le pétrole dans les yeux du prince”
Pour illustrer ce qu’il décrit comme une diplomatie de prédation, Mgr Muteba revient sur sa recherche de paix à Doha.
« J’ai été à Doha pour la recherche de la paix. J’ai lu dans les yeux de ce prince, le pétrole. Non pas d’abord le désir de nous apporter la paix, de nous aider à nous en sortir»
Il dévoile ainsi une perception selon laquelle les acteurs internationaux impliqués dans la crise congolaise visent surtout à tirer profit des ressources stratégiques, sous couvert d’initiatives de paix.
« Personne ne se préoccupe réellement de notre terre, notre développement. Malheureusement certains d’entre nous y collaborent»
La RDC décrite comme un riche malade entouré de prétendants à son héritage
Dans une métaphore puissante, il compare le pays à « Un riche homme malade entouré de gens qui ne se soucient pas de sa maladie, mais qui ont des yeux envieux sur son héritage. »
Il déplore que la communauté
internationale et certains Congolais ne voient en la RDC que ses minerais, surtout les plus stratégiques.
Il sied rappeler que depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident pour un dialogue national inclusif, présenté comme un « pacte social pour la paix ». Mais selon les propos de Mgr Muteba, le président Félix Tshisekedi aurait préféré des accords extérieurs, jugés dangereux et déséquilibrés, plutôt qu’un compromis interne.
Pour lui, l’acceptation de ces accords miniers à long terme serait motivée par la volonté de consolider le régime plutôt que de résoudre durablement les crises du pays.
Une série de révélations qui relancent le débat sur la gestion du patrimoine minier
Ces déclarations, d’une charge inhabituelle, relancent un débat central : la transparence des contrats miniers, la souveraineté économique et la légitimité des engagements pris par le pouvoir en place.
En accusant publiquement l’État d’avoir accepté un accord de 99 ans, Mgr Muteba met au grand jour des inquiétudes profondes et ouvre un nouveau front politique et moral autour de la gestion des ressources du pays.
