À l’approche des fêtes de fin d’année, l’ambiance est morose dans plusieurs marchés du groupement de Kisigari, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Malgré l’abondance des produits vivriers sur les étalages, les agriculteurs peinent à se réjouir. La baisse prolongée des prix de certaines denrées alimentaires affecte durement leurs revenus et compromet les préparatifs des fêtes au sein des ménages paysans.

« Nous cultivons et récoltons, mais nos produits ont perdu toute leur valeur. Il n’y a plus d’exportation, tout reste vendu localement à bas prix », déplore une agricultrice. Un père de famille ajoute que, depuis la résurgence de la guerre, les produits agricoles ne se vendent plus comme auparavant, rendant difficile la prise en charge des besoins essentiels des familles, notamment à l’approche des fêtes.

Selon ces agriculteurs, cette situation est liée aux difficultés d’accès aux marchés extérieurs, au mauvais état des routes et à l’insécurité persistante. Contraints de vendre rapidement leurs récoltes pour subvenir aux besoins immédiats de leurs dépendants, ils se retrouvent obligés d’accepter des prix dérisoires.

Dans les zones agricoles de Rubare, Kako, Kalengera et Biruma, les marchés restent pourtant bien approvisionnés en maïs, haricots, manioc et autres denrées. Toutefois, la crise économique provoquée par la guerre a réduit la circulation des acheteurs, aggravant la chute des prix et fragilisant davantage les activités agricoles.

Face à ce contexte difficile, plusieurs ménages agricoles ont revu à la baisse leurs préparatifs de fin d’année. Les agriculteurs appellent à la valorisation de leur travail et à la relance des circuits de commercialisation afin d’éviter que l’agriculture, jadis source de revenus stables, ne devienne une activité de survie.

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