Le quartier Maman Mobutu, dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa, s’est réveillé sous haute tension le mercredi. Excédés par la montée fulgurante de l’insécurité nocturne, les habitants ont organisé un sit-in pour dénoncer ce qu’ils qualifient désormais de « meurtres récurrents » dans leur zone.

Des pneus enflammés, des attroupements de jeunes et de parents inquiets, ainsi que des pancartes portant le message fort « Bazo boma biso » (« On nous tue »), ont marqué cette mobilisation populaire. Les manifestants affirment vivre dans une peur permanente, chaque nuit pouvant devenir le théâtre d’une nouvelle attaque meurtrière.

Des morts presque chaque semaine

Selon plusieurs habitants interrogés sur place, une à deux personnes seraient tuées chaque semaine par des criminels opérant principalement après la tombée de la nuit. « Nous vivons dans une insécurité totale. On enterre trop de jeunes ici. L’État doit agir », déplore un résident, visiblement en colère.
Les témoignages font état de groupes armés, de cambriolages violents et de corps retrouvés au petit matin, sans que des mesures drastiques ne soient prises pour enrayer cette spirale de violence.

Un appel pressant à l’État congolais

Face à cette situation, la population réclame une intervention urgente des autorités nationales et municipales. Les habitants demandent notamment un renforcement des patrouilles policières, l’arrestation des groupes criminels identifiés et une présence sécuritaire constante dans le quartier.
« On ne peut plus dormir. On ne peut plus sortir après 19 heures. Trop c’est trop », explique une mère de famille, pancarte à la main.

Un quartier abandonné ?

Mama Mobutu, situé en périphérie de Kinshasa, souffre depuis plusieurs années d’un manque criant d’infrastructures sécuritaires : éclairage public inexistant, routes dégradées, présence policière limitée. Pour beaucoup, cette négligence institutionnelle aurait créé un terrain favorable à l’insécurité.
Le sit-in de ce mercredi apparaît ainsi comme un cri d’alerte collectif visant à briser le silence et attirer l’attention des autorités sur une situation devenue insoutenable.

La population décidée à poursuivre la pression

Les manifestants ont prévenu qu’ils pourraient intensifier leurs actions si rien n’est fait dans les jours à venir. Plusieurs leaders communautaires annoncent déjà d’autres mobilisations pour exiger des réponses concrètes.

Pour Mama Mobutu, l’heure est grave : entre colère, fatigue et détermination, les habitants veulent croire que ce sit-in est le début d’un réveil sécuritaire attendu depuis trop longtemps.

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