Les importantes récoltes de haricots rapportées ces dernières semaines depuis le territoire de Rutshuru entraînent une baisse notable du prix de ce produit sur les marchés de Goma. Cependant, malgré cette chute, la demande reste étonnamment faible, signe d’une crise économique qui continue de réduire le pouvoir d’achat des ménages.

Au marché de Birere, un grossiste rencontré lors du déchargement de sa marchandise confirme que la situation est inhabituelle pour cette période.

« Aujourd’hui, un sac de plus de 150 kilos se vend entre 65 et 75 dollars. Il y a encore quelques jours, il se négociait à 80 dollars et parfois plus », explique-t-il.

Chez les détaillants, la tendance est similaire. Une mesure de haricots, qui se négociait entre 2 500 et 3 000 francs congolais (FC), est désormais proposée à 2 000 FC.

« Le prix a baissé, c’est vrai. Mais les clients ne viennent plus comme avant. Les gens n’ont pas d’argent, même pour les produits qu’ils consomment tous les jours », témoigne une vendeuse.

D’un point de vue économique, cette situation révèle un déséquilibre entre l’offre et la demande. L’abondance des récoltes venues de Rutshuru fait naturellement chuter les prix, mais la crise économique régionale réduit la capacité d’achat des consommateurs, limitant ainsi les effets bénéfiques attendus sur les marchés.

« La baisse des prix est normalement un soulagement pour les ménages. Mais lorsque les revenus sont trop faibles, même un produit moins cher reste difficile à acheter. Ce phénomène s’observe actuellement dans plusieurs marchés de Goma », analyse un économiste local.

Certains commerçants craignent même que la persistance de cette crise compromette leurs activités.

« On vend moins, malgré l’abondance. Si la situation persiste, beaucoup risquent de travailler à perte », alerte un autre vendeur interrogé au marché de Birere.

Entre l’augmentation de l’offre en provenance de Rutshuru et la diminution du pouvoir d’achat à Goma, le marché du haricot illustre bien les défis économiques persistants auxquels la population reste confrontée, malgré les signaux positifs enregistrés dans les zones agricoles.

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