En réagissant à la réouverture humanitaire de l’aéroport de Goma, lors d’un point de presse diffusé sur la chaîne nationale Rwandaise, le président rwandais Paul Kagame a vivement critiqué les autorités congolaises, qu’il accuse de manipuler la crise humanitaire à des fins politiques. Selon lui, le régime Tshisekedi pratique une indignation sélective qui évite volontairement les causes profondes du conflit dans l’est de la RDC.

Une indignation jugée opportuniste

Kagame affirme ne pas comprendre l’agitation actuelle autour de la situation humanitaire à Goma.

« Oui, il y a des souffrances, c’est indéniable. Mais il semble qu’il y en ait eu davantage avant la crise actuelle » Pour lui, Kinshasa utilise aujourd’hui la crise comme un « point d’entrée facile », un levier politique qui permet de mobiliser l’opinion sans affronter les réalités du terrain.

Une crise récurrente, jamais résolue

Le chef de l’État rwandais rappelle que la région a déjà traversé une crise similaire en 2012.

« Comment est-il possible qu’un problème survenu en 2012 se reproduise dix ans plus tard ? »
Il pointe du doigt l’échec des années d’intervention internationale et l’incapacité des autorités congolaises à stabiliser durablement le Nord-Kivu malgré des moyens considérables.

« Hypocrisie », « double discours » et refus d’assumer les responsabilités

Dans la foulée, Paul Kagame accuse Kinshasa et certains de ses alliés d’éviter systématiquement d’aborder les causes profondes du conflit, par peur d’être mis face à leurs responsabilités.

« On présente les choses de façon à protéger les vrais responsables, » lance-t-il, avant d’insister :
« Ce sont des gens qui se disent émus par la souffrance des autres. Mais ce ne sont que des hypocrites. »

Un message clairement dirigé vers Tshisekedi

Sans le nommer, le président Paul Kagame cible directement le régime Tshisekedi, qu’il accuse :

de s’indigner à la carte, de façonner le discours humanitaire selon ses besoins et de se victimiser auprès de la communauté internationale.

Pour Kigali, tant que Kinshasa refusera d’ouvrir le débat sur les responsabilités historiques et structurelles, le cycle des crises dans l’est du pays continuera de se répéter.

Il sied de noter que selon Africa Intelligence, sous pression américaine, le président congolais Félix Tshisekedi se rendra à Washington, D.C. Le 04 décembre prochain pour signer l’accord de paix avec son homologue Rwandais Paul Kagame, cet accord interviendra après celui de Doha signer avec les rebelles M23, qui occupent présentement la grande partie des provinces de Nord et Sud- Kivu.

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