En RDC, exercer le métier de journaliste s’apparente souvent à un parcours semé de menaces, de violences et d’impunité. C’est ce que révèle un rapport de Journaliste en Danger (JED), qui chiffre à 2 670 les violations graves contre les professionnels des médias pendant les années Kabila et Tshisekedi.
Une réalité glaçante documentée
Selon JED, ces violations vont des arrestations arbitraires aux assassinats, en passant par les agressions physiques, la censure, les suspensions de médias ou encore les actes d’intimidation. Le document recense :
- 30 journalistes tués
- 20 portés disparus
- 291 journalistes en prison
- 559 interpellés
- 403 agressés ou menacés
- 431 censurés ou suspendus
- 183 médias détruits, fermés ou attaqués
Une justice absente
« À ce jour, ils sont près d’une trentaine sur une liste qui reste ouverte, tant que ceux qui les ont tués ou commandité leurs assassinats continueront à courir… et qu’il n’y a aucune enquête menée par la police ou la justice », alerte JED.
Tshisekedi vs Kabila : une liberté toujours étouffée
L’analyse comparative est édifiante. En 18 ans de pouvoir, Joseph Kabila a vu 15 journalistes assassinés et 2 disparus. En seulement 7 ans, le régime Tshisekedi en compte déjà 12 assassinés et 4 disparus.
Autrement dit, en à peine un tiers du temps, les chiffres sous Tshisekedi frôlent ceux de toute l’ère Kabila — preuve que le danger n’a pas faibli, malgré le discours démocratique affiché.
Des morts oubliés, des héros ignorés
Face à ce lourd tribut, JED interpelle les autorités pour une reconnaissance nationale des journalistes tombés dans l’exercice de leur métier, comme héros de la liberté d’informer. L’organisation exige également des enquêtes sérieuses et des poursuites judiciaires contre les auteurs et commanditaires des crimes.
Une presse à protéger, pas à bâillonner
Ce rapport met en lumière la précarité et le danger dans lesquels évoluent les journalistes congolais. Informer reste un acte de courage, souvent payé au prix fort. Il revient à l’État de garantir la sécurité des professionnels des médias, condition sine qua non d’un régime réellement démocratique.
