En RDC, l’exploitation minière artisanale est souvent synonyme de danger. Mais ce qui s’est passé samedi dernier à Mulondo, dans le village de Kawama (province du Lualaba), dépasse l’entendement. Officiellement, il s’agirait d’un énième éboulement ayant coûté la vie à plus de 130 creuseurs artisanaux. Mais selon plusieurs sources concordantes, il ne s’agirait pas d’un accident minier… mais d’une opération meurtrière.

Des tirs, et non un effondrement, auraient décimé ces hommes, pour la plupart jeunes, engagés dans l’exploitation artisanale du cuivre. Les auteurs ? Des éléments de la Garde républicaine. Motif ? « Nettoyer » le site devenu incontrôlable, alors même que les creuseurs y opéraient avec une forme de tolérance, voire d’autorisation tacite.

Plus troublant encore : les intérêts économiques en jeu. Le site de Mulondo ne serait pas une zone quelconque. Il est aujourd’hui attribué à plusieurs personnalités influentes :

  • Pasteur Jean Clément Dianmbilay, via la société PAJECLEM SARL, détiendrait 50 % des parts ;
  • David Mangaya, époux de Fany Tshisekedi ;
  • Pan Key, ressortissant chinois actif dans la région ;
  • Esaïe Zonde, frère de Thierry Zonde, chargé de mission du Président Félix Tshisekedi dans le Grand Katanga.

Le silence officiel autour de cette tuerie, l’absence d’enquête sérieuse et la confusion entretenue sur les causes réelles de la mort de ces creuseurs soulèvent de nombreuses questions. À qui profite ce massacre ? Pourquoi l’État semble-t-il couvrir un drame d’une telle ampleur ? Et surtout, que vaut la vie d’un Congolais quand elle gêne des intérêts privés ou politiques ?

Ce drame n’est pas un simple fait divers. Il symbolise l’impunité, la voracité et la brutalité d’un système qui écrase les faibles pour enrichir une élite bien connue.

La vérité devra émerger. Car le sang de Mulondo crie justice.

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