Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi, a au cours de son speech ce jeudi 06 octobre à Belém, au Brésil, lors de la session inaugurale de la 30e Conférence des Parties sur le changement climatique (COP30). Son discours a mêlé l’urgence climatique, plaidoyer financier et dénonciation des atteintes environnementales en RDC, sur fond d’agression armée dans sa partie Est.
300 milliards USD par an pour le climat
Le chef de l’État congolais a recommandé le décaissement urgent de 300 milliards de dollars par an pour soutenir le financement climatique mondial, reprenant les engagements formulés lors des réunions préparatoires à Bakou.
« Nous devons agir. Je recommande l’application effective des engagements pris à Bakou […] Je formule vivement le vœu que la COP30, ici à Belém, marque un départ dans notre volonté commune de léguer aux générations futures une planète où il fera beau vivre », a-t-il souligné.
Une « guerre écologique » dans l’Est de la RDC
Au-delà de l’enjeu global, Félix Tshisekedi a attiré l’attention sur la situation environnementale dramatique que connaît la RDC en raison du conflit armé à l’Est du pays. Il a qualifié ce contexte de « guerre écologique » causant un écocide profond « Mon pays est aussi victime d’une guerre écologique, en ce qu’elle détruit nos forêts, nos aires protégées, nos parcs… »
Il a soutenu l’initiative des États insulaires comme Vanuatu, Fidji et Samoa, qui militent pour que l’écocide soit reconnu comme un crime international autonome.
« Détruire délibérément une forêt primaire, une tourbière millénaire ou une aire protégée essentielle au stockage du carbone revient à compromettre l’avenir de l’humanité. »
La RDC, acteur incontournable de la régulation climatique
Riche de la deuxième plus grande forêt tropicale au monde, de tourbières géantes et de ressources hydriques majeures, la RDC est considérée comme un « pays-solution » dans la lutte contre le réchauffement climatique. Tshisekedi a réaffirmé cette position, tout en rappelant les défis internes et les responsabilités globales envers les nations qui, comme la sienne, paient le prix fort sans être les plus polluantes.
Avec ce discours, la RDC cherche à faire entendre sa voix dans les négociations internationales, à exiger justice climatique et à repositionner l’Afrique centrale comme un acteur clé dans l’avenir écologique de la planète.
